Dans le bouddhisme tibétain, le Dalaï-lama occupe la fonction spirituelle la plus élevée. Ce titre est habituellement associé au chef des Gelugpas, l’une des grandes écoles de cette tradition, et la personne qui le porte est tenue pour une nouvelle incarnation d’Avalokiteshvara, bodhisattva lié à la compassion.
Au XVIe siècle, Altan Khan, un dirigeant mongol, a instauré ce titre. Son sens renvoie à l’idée d’un « Océan de Sagesse », à partir du terme mongol « Dalai » pour « océan » et du mot tibétain « Lama » qui désigne un maître spirituel.
Sonam Gyatso a été le premier à recevoir cette appellation. La tradition le présente aussi comme la troisième manifestation de la série des Dalaï-lamas, et son action a contribué à l’implantation du bouddhisme tibétain en Mongolie, ce qui a resserré les relations entre les deux mondes.
La succession des Dalaï-lamas repose sur l’idée d’une réincarnation qui se prolonge d’une vie à l’autre. Dans cette conception centrale du bouddhisme tibétain, chaque titulaire reprend l’identité spirituelle de celui qui l’a précédé, ce qui a maintenu une continuité religieuse au Tibet.
Le Dalaï-lama assume plusieurs fonctions en tant que chef spirituel. Son rôle combine l’enseignement religieux, la guidance des fidèles et une portée symbolique pour les Tibétains, tout en l’amenant à transmettre des enseignements bouddhistes, à prendre part aux cérémonies et à porter la culture tibétaine à l’étranger.
Des enseignements réguliers sur le bouddhisme font partie de ses activités. Les thèmes de la compassion, de la sagesse et de la méditation y occupent une place centrale, et ces prises de parole rassemblent souvent des milliers de personnes issues d’horizons culturels et religieux variés.
Le Dalaï-lama a été distingué par le prix Nobel de la paix en 1989 en raison de son action en faveur de la paix et des droits de l'homme. Son discours met l'accent sur la non-violence, tandis que le dialogue entre religions occupe une place centrale dans son message. Cette orientation s'inscrit dans une défense constante des solutions pacifiques face aux conflits.
Tenzin Gyatso, quatorzième Dalaï-lama en exercice, est venu au monde le 6 juillet 1935 dans le village tibétain de Taktser. À l’âge de deux ans, les autorités religieuses l’ont identifié comme la réincarnation du treizième Dalaï-lama, puis son intronisation officielle a eu lieu en 1940.
Après l’échec du soulèvement tibétain face à l’occupation chinoise en 1959, le Dalaï-lama a quitté le Tibet pour se réfugier en Inde. Depuis, Dharamsala est son lieu de résidence, et cette ville accueille aussi ses activités spirituelles et politiques. Le gouvernement tibétain en exil a été mis en place sous son impulsion, tandis que la défense de la culture tibétaine reste une priorité de son action.
À l’échelle internationale, le Dalaï-lama bénéficie d’une forte considération. Ses déplacements, ses ouvrages et ses prises de parole ont atteint un public de plusieurs millions de personnes. Ses appels à la paix et à la compassion ont nourri des actions liées aux droits de l’homme et au règlement non violent des conflits.
La succession du Dalaï-lama soulève des enjeux délicats, sur fond de tensions persistantes entre le Tibet et la Chine. Le Dalaï-lama actuel a évoqué la possibilité d’une recherche de son successeur hors du Tibet, voire celle d’une fin de la lignée avec sa propre disparition.
Les autorités chinoises soutiennent que le choix du prochain Dalaï-lama relève de leur compétence, alors que la plupart des Tibétains refusent cette prétention. Une telle opposition entretient l’incertitude sur l’avenir de la lignée et pose la question de l’autonomie religieuse et culturelle du Tibet.
Le Dalaï-lama a indiqué que la décision sur sa réincarnation serait élaborée avec les principaux lamas tibétains ainsi qu’avec le peuple tibétain. Son positionnement repose sur l’idée que l’institution doit rester au service du bouddhisme tibétain et de la population tibétaine.
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